53 jours de vague de chaleur, 3 500 écoles et collèges fermés au pic de juin. Ce que les données publiques disent de l'état du bâti public, ce que la science dit du coût réel de la climatisation, et les actions que votre collectivité peut engager dès cette rentrée.

L'été 2026 a établi le record absolu de jours de vague de chaleur en France depuis 1947. Les bâtiments publics, écoles, crèches, mairies, gymnases, résidences pour personnes âgées, ont encaissé cet été sans instrumentation, sans seuils, sans données. Nous avons repris les sources publiques disponibles (Météo-France, Cerema, ADEME, ministère de l'Éducation nationale, Santé publique France, littérature scientifique) pour répondre à trois questions : qu'est-ce qui a réellement décroché, la climatisation est-elle la réponse, et que peut-on faire dès maintenant sans budget d'investissement lourd ?
Ce dossier ne présente aucune donnée propriétaire. Toutes les valeurs climatiques, sanitaires et scolaires proviennent de sources publiques citées en annexe et sont datées. Les données de performance de la climatisation sont issues d'une publication scientifique à comité de lecture (Cerema, Sustainable Cities and Society, 2025) portant sur un quartier réel de Lyon pendant la canicule de 2019.
Le comparatif économique de la partie 4 est un modèle d'ordre de grandeur, explicitement paramétré, appliqué à un bâtiment public type de 10 pièces sensibles. Il n'a pas valeur de devis. Les hypothèses sont listées sous le tableau afin de pouvoir être contestées, corrigées et rejouées sur votre propre patrimoine.
Les chiffres de Météo-France ne décrivent pas un épisode, mais une saison entière passée en conditions de chaleur. Juillet 2026 est devenu le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900, tous mois confondus, avec une température moyenne de 24,9 °C, soit 3,8 °C au-dessus de la normale, devant août 2003 (24,8 °C) et juillet 2006 (24,4 °C). L'anomalie atteint +5,2 °C sur les températures maximales.[2] Trois vagues de chaleur se sont succédé sans véritable répit : 14 jours en juin, 16 jours en juillet, puis 22 jours à partir de fin juillet. Entre elles, seulement trois puis huit jours d'accalmie.[1] La saison avait commencé plus tôt encore : le printemps 2026 a été le plus chaud jamais enregistré depuis 1900, et une première alerte canicule a été déclenchée du 24 au 28 mai, la plus précoce de l'histoire des relevés.[2]
Le point le plus structurant pour une collectivité n'est pas l'intensité, c'est la date. La vague de juin a débuté le 17 juin, en pleine période scolaire et en pleine période d'examens. Météo-France observe désormais des vagues de chaleur de plus en plus précoces, dès la mi-juin à l'échelle nationale.[6] Le confort d'été des bâtiments publics n'est plus un sujet de vacances : c'est un sujet de continuité de service.
Et la trajectoire est écrite. L'État a retenu une trajectoire de réchauffement de +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 en moyenne nationale, avec des variations régionales. Des fichiers météo prospectifs (2030, 2050, 2100) élaborés par l'ADEME, Météo-France et le CSTB sont désormais disponibles et font office de nouveaux repères de conception.[5] Autrement dit : un bâtiment rénové aujourd'hui sur les normales du passé sera inconfortable avant la fin de son cycle de vie, sachant que lorsqu'on intervient sur un bâtiment, on n'y revient généralement pas avant 30 à 50 ans.[4]
La chaîne de décision face à la chaleur repose sur les collectivités. Une fermeture d'école ne peut être prononcée que conjointement par le maire, l'autorité académique et le préfet ; l'aménagement des horaires reste privilégié et chaque établissement est évalué au cas par cas selon l'état du bâti.[3] Cette évaluation au cas par cas, en pleine urgence, sans instrumentation, est exactement ce qui a produit l'inégalité de traitement dénoncée cet été.
DateÉtablissements fermésHoraires aménagésContexteLun. 22 juin 20261 3524 04249 départements en vigilance rouge, plus de 42°C localement. Report des oraux de près de 4 000 candidats au baccalauréat[3]Mar. 23 juin 20261 800—L'épisode s'installe; les fermetures augmentent d'un tiers en 24h[3]Jeu. 25 juin 2026
pic de l'épisode3 500≈ 10 000Annonce du ministre de l'Éducation nationale. Le nombre de fermetures a été multiplié par 2,6 en trois jours[3]Rappel: 1er juillet 2025≈ 2 200—Le phénomène n'est pas nouveau: il est annuel[9]
Tableau 1, Décrochage du service scolaire pendant la vague de chaleur de juin 2026. Sources : annonces successives du ministre de l'Éducation nationale relayées par la presse spécialisée, questions écrites à l'Assemblée nationale. Ces chiffres ont été révisés à la hausse au fil de l'épisode : les estimations publiées la veille pour le 22 juin annonçaient 500 à 845 fermetures, contre 1 352 constatées. Cela illustre la difficulté à anticiper les conséquences d'un épisode de chaleur extrême.
Les causes sont documentées et convergentes. La France compte près de 40 000 écoles, dont la grande majorité a été construite après-guerre et avant la première réglementation thermique de 1975 ; l'âge moyen du patrimoine scolaire dépasse 40 ans.[6][9] Ces bâtiments sont implantés dans des espaces extérieurs fortement minéralisés, donc doublement exposés : par l'enveloppe et par la cour.[10] Et ils pèsent lourd : les établissements scolaires représentent la moitié de la surface des bâtiments des collectivités.[14]
S'y ajoute l'effet d'îlot de chaleur urbain, qui déplace le point de départ : l'ICU a atteint 8 °C à Paris pendant la canicule de 2003.[8] En Île-de-France, 3,6 millions d'habitants, 31 % de la population régionale, résident dans des îlots fortement vulnérables à la chaleur, dont 845 000 personnes sensibles par l'âge.[12] Un bâtiment public situé dans ces îlots n'affronte pas la météo départementale : il affronte un microclimat local que personne ne mesure.
Le Cerema a conduit des diagnostics de confort d'été dans 40 bâtiments de 4 collectivités (Cannes, Velaux, Avignon, département de Vaucluse). Conclusion : « quels que soient les atouts et faiblesses des lieux visités, des gains restaient possibles », des moyens pratiques de mieux résister à une vague de chaleur temporaire peuvent être pointés, mais des freins s'opposent à leur mise en application.[5]
Des marges d'amélioration ont donc été identifiées avant même de recourir à la climatisation. Ce qui manque, ce n'est pas la solution technique : c'est le diagnostic qui dit laquelle, où, et quand.
Après un été comme celui-ci, la demande des administrés est frontale : « climatisez les écoles ». Nous avons voulu vérifier ce que la recherche dit de cette réponse. Les résultats les plus récents proviennent d'une étude du Cerema publiée en 2025 dans Sustainable Cities and Society, qui a modélisé un quartier réel et dense de Lyon (La Buire, 70 000 m², 7 étages en moyenne) pendant la canicule de 2019, en couplant pour la première fois le microclimat urbain et le comportement réel des systèmes de froid.[8]
Le mécanisme mis en évidence est un cercle vicieux mesurable : les groupes extérieurs rejettent la chaleur extraite des locaux dans l'air immédiatement environnant ; cet air réchauffé est celui que le groupe aspire ; son rendement s'effondre ; il consomme davantage pour le même degré gagné ; il rejette donc encore plus de chaleur.

Figure 1, mécanisme de rétroaction entre les rejets de chaleur et la performance des systèmes de froid. D'après M'Saouri El Bat, Rodler, Guernouti & Musy, Cerema, 2025.

Figure 2, effets mesurés des rejets de chaleur des systèmes de froid selon leur implantation. Quartier de La Buire, Lyon, canicule 2019, outil Solene-Microclimat. Source : M'Saouri El Bat, Rodler, Guernouti & Musy, Cerema, 2025.
Trois conséquences directes pour une collectivité :
À l'échelle macro, la trajectoire est cohérente : l'usage d'énergie pour le refroidissement a plus que triplé entre 1990 et 2016, et l'Agence internationale de l'énergie anticipe +45 % de demande mondiale de froid d'ici 2050.[8] Une collectivité qui équipe massivement aujourd'hui s'engage sur une consommation croissante, dans un marché de l'électricité et de la maintenance sous tension, et sous contrainte du décret tertiaire pour ses bâtiments de plus de 1 000 m².[11]
Notre position, pour être clair : la climatisation n'est pas à bannir. Elle est indispensable pour certains usages et certains publics, chambres d'EHPAD, salles de repos de soignants, locaux techniques. Elle est en revanche le plus mauvais premier réflexe : c'est la mesure la plus coûteuse, la plus lente à déployer, la plus dépendante de l'électricité, et la seule qui aggrave le problème à l'extérieur. Elle doit être le dernier étage d'une stratégie, réservé aux pièces où tout le reste a échoué, et ce « reste » ne peut être identifié que par la mesure.
Nous avons construit un modèle d'ordre de grandeur sur le cas le plus courant : un seul bâtiment, école, crèche ou mairie, avec 10 pièces sensibles à traiter (salles de classe exposées, dortoir, salle de repos, accueil du public). C'est le périmètre d'une première opération, celui qu'une collectivité peut engager sans attendre une programmation pluriannuelle, et il se multiplie ensuite bâtiment par bâtiment.
PosteScénario A, Climatiser les 10 piècesScénario B, Mesurer, puis adapterInvestissement initial9 500 – 16 000€
1 mono-split par pièce: 450 – 800€ de matériel + 500 – 800€ de pose et mise en service, soit 950 – 1 600€ par pièce1 530 – 2 800€
10 capteurs (140 – 260€) + 1 passerelle (130 – 200€)Travaux induitsRenforcement électrique, percements, mise en conformité fluides frigorigènes, avis ABF selon les sitesActions ciblées par la mesure: occultations extérieures, brasseurs d'air, surventilation nocturne, engagées seulement là où la donnée les justifieExploitation annuelle2 700 – 3 000€/an
≈ 2 200€ d'électricité (900kWh par appareil et par saison) + maintenance et contrôles réglementaires (5% de l'investissement)650€/an
supervision applicative 40€ par capteur (400€) + abonnement passerelle 250€: alertes, historisation, exportsDélai avant premier effet12 – 24 mois (études, marché public, travaux, saison de pose saturée)4 – 8 semaines (pose sans travaux, données exploitables dès la première semaine)Effet sur l'extérieurNégatif: +1,75°C d'air autour des bâtiments climatisés, jusqu'à +19°C au pied d'un groupe en toiture; cours et préaux dégradés[8]Neutre à positif: priorise ombrage, végétalisation et désimperméabilisation là où c'est utileCouverture du patrimoine10 pièces équipées, le reste du bâtiment reste aveugleLes 10 pièces sensibles et, par les mêmes données, la conduite du bâtiment entierCoût de la première année12200 – 19000€2180 – 3450€ (4 à 7 fois moins)Coût complet sur 10 ans36500 – 46000€
hors renforcement électrique et remplacement du matériel8030 – 9300€
soit 800 à 930€ par an pour l'ensemble du bâtiment
Tableau 2, modèle d'ordre de grandeur, hors subventions, hors renouvellement de matériel. Hypothèses, scénario A : un mono-split par pièce, 450 à 800 € de matériel et 500 à 800 € de pose et mise en service, soit 950 à 1 600 € par pièce. Ce montage correspond au bas des fourchettes relevées en septembre 2026 auprès d'agrégateurs de devis, sur des chantiers résidentiels (1 200 à 2 500 € posé pour un mono-split ; 500 à 800 € de main-d'œuvre seule, comptant 4 à 8 h à 50–80 €/h plus 150 à 250 € de mise en service) : il suppose donc des chantiers simples, en série, sans contrainte d'accès, hypothèse favorable au scénario A.[16] Consommation de 900 kWh par saison pour un appareil de 2 kW utilisé 5 h/jour sur 90 jours, soit environ 220 € au tarif réglementé[17] ; maintenance annuelle estimée à 5 % de l'investissement. Ne sont pas chiffrés : le renforcement électrique, les avis ABF, ni le remplacement du matériel au-delà de dix ans, trois postes qui ne jouent que dans un sens. Scénario B au tarif Pando2 : un capteur par pièce (140 à 260 € selon le modèle) et une passerelle pour le bâtiment (130 à 200 €), puis 40 € par capteur et 250 € par passerelle et par an pour la supervision applicative. Un déploiement réel peut s'écarter de ce modèle selon la couverture radio et le nombre de pièces retenues ; il est conçu pour être rejoué avec vos surfaces, vos consommations OPERAT et vos priorités, et se multiplie bâtiment par bâtiment.

Figure 3, investissement de la première année, hors travaux décidés après diagnostic. Hypothèses et fourchette haute détaillées sous le tableau 2.
Deux précisions qui pèsent plus que l'écart de prix :
La climatisation ne se compare pas seulement en euros, mais en degrés obtenus. La consigne de température pèse plus que le prix du matériel : dans les simulations ADEME / Izuba, régler à 25 °C au lieu de 26 °C multiplie les besoins de froid par 1,75 et une consigne à 23 °C presque par 3, tandis que passer de 26 à 28 °C les réduit d'environ 57 % ; une enveloppe mal isolée augmente la consommation de froid de 30 à 50 %.[17][18] Autrement dit : sans mesure ni consignes, une clim installée dans un bâtiment non préparé coûte le maximum pour le minimum de confort.
On n'améliore pas ce qu'on ne mesure pas, et on ne finance pas ce qu'on ne prouve pas. Le Fonds vert soutient la rénovation énergétique « avec des exigences de gains mesurables »[13], la déclaration OPERAT du décret tertiaire est annuelle et obligatoire[11], et un contrat de performance énergétique n'a de sens que si la performance est instrumentée. Une collectivité qui mesure n'achète pas un capteur : elle achète la capacité à monter, justifier et défendre ses dossiers.
Le Cerema le formule sans ambiguïté : « face à la chaleur, la première réponse consiste à agir avec le bâtiment, et non contre lui ».[6] L'essentiel de ce qui protège un bâtiment de la chaleur tient dans une seule année scolaire. En engageant la démarche à cette rentrée, une collectivité est prête pour l'été 2027. Les gains indiqués sont ceux documentés par le Cerema et l'ADEME ; les coûts sont des ordres de grandeur.

Figure 4, séquence recommandée sur douze mois. Les actions sont ordonnées par coût et par délai croissants, chacune conditionnée par les données de la précédente.
Ce qui relève ensuite de la programmation pluriannuelle. Trois chantiers échappent au calendrier d'un an, mais la première année les prépare et les hiérarchise : les cours oasis, désimperméabilisation et végétalisation, « planter des arbres à feuillage développé reste la solution la plus efficace pour rafraîchir un espace »[12][20] (repères réels en Île-de-France : 96 200 € de subvention pour une cour oasis à Cergy, 250 000 € pour deux cours d'école à La Courneuve)[12] ; les toitures végétalisées[20] ; et la rénovation globale avec confort d'été inscrit au programme, qui suppose de fournir à la maîtrise d'œuvre un fichier météo local intégrant canicule et îlot de chaleur urbain.[22] Le diagnostic multi-aléas par la méthode ABCD du Cerema, qui couvre sept aléas, cadre l'ensemble : on ne rouvre pas un bâtiment tous les dix ans.[4]
Des financements existent : encore faut-il identifier le bon dispositif et documenter le projet. Les dispositifs ouverts en 2026 financent l'ingénierie, l'instrumentation et les travaux ; ils exigent en échange des données. Voici l'état des lieux, avec la règle qui compte : le plafond de 80 % de financements publics cumulés.[23]
DispositifTaux & plafondCe qu'il couvreFonds vert 2026
État · PNACC 3Jusqu'à 80 % des dépenses éligibles
enveloppe 837M€ sur 14 mesuresRénovation énergétique des bâtiments publics locaux, mesure phare de l'édition 2026; adaptation aux vagues de chaleur explicitement visée. Exige des gains mesurables.[13][14]Contrat énergie
Région Île-de-France · Plan Énergie 2026-2028Jusqu'à 50 %, plafond 1 M€ par contrat
dispositif doté de 70M€ sur 3 ans, au sein du Plan Énergie 2026-2028 de 850M€Rénovation énergétique des bâtiments publics et équipements sportifs, climatisation et rafraîchissement, géothermie, réseaux de chaleur et de froid. Objectif affiché: renforcer les capacités de réponse en cas de canicule. Dépôt sur mesdemarches.iledefrance.fr depuis le 1er juillet 2026.[15]Îlots de fraîcheur
Région Île-de-France50 %, porté à 60 % en zone d'îlot de chaleur urbain
30 000€ études · 250 000€ travauxVolet A: création d'îlots de fraîcheur (cours oasis, désimperméabilisation). Volet B: toitures végétalisées. Dépôt toute l'année; cumulable avec l'Agence de l'eau Seine-Normandie.[24]Contrat Vert et Bleu
Région Île-de-France · axe Qualité de l'airJusqu'à 50 % des dépenses HT
plancher 10 000€ par opération · plafond 500 000€ par contratLe dispositif le plus directement mobilisable pour instrumenter votre patrimoine. Volet « amélioration de la qualité de l'air intérieur »: ventilation, CTA, capteurs CO₂, rafraîchissement. Ouvert aux communes, EPCI, EPT et syndicats. Projets priorisés: établissements accueillant un public sensible (crèches, écoles primaires, ALSH, maisons de retraite), puis ERP, puis autres bâtiments publics. Contact préalable: cvb@iledefrance.fr.[26]Budget participatif écologique
Région Île-de-France1 000 à 10 000€
jusqu'à 100 % des dépenses d'investissementProjets locaux concrets et rapides à mettre en œuvre, domaine « santé environnementale », dont les capteurs et mesures de qualité de l'air. Particularité: le projet retenu par la commission d'admissibilité est ensuite soumis au vote des Franciliens en ligne, le classement déterminant les lauréats. Voie d'entrée idéale pour une première école instrumentée.[26]Contrats vert et bleu
volet renaturationPlafond 500 000 € sur 3 ansFusion de 6 dispositifs: renaturation des espaces urbains, restauration des milieux naturels et aquatiques.[15]CEE, prime Collectivités
fournisseurs d'énergieVariable selon l'opération
61 opérations standardisées éligiblesChauffage, ventilation, climatisation, isolation. Non cumulable avec le Fonds vert sur les mêmes postes de travaux, point de vigilance majeur dans le montage.[23][25]Programme CEE ACTEE
FNCCRFinancement de l'ingénierie amontÉtudes préalables, audits, appui au montage. C'est la porte d'entrée naturelle d'une démarche de diagnostic instrumenté.[25]DETR / DSIL
préfecturesJusqu'à 50 % (DETR), cumulables avec le Fonds vertTravaux lourds sur les bâtiments publics. Fenêtres de dépôt courtes et annuelles, souvent concentrées en début d'année civile, à préparer dès l'automne.[23]
Tableau 3, dispositifs mobilisables à la rentrée 2026. Les taux et plafonds sont ceux publiés par les financeurs ; les règlements d'intervention prévalent. Repère : pour une commune de taille moyenne, un projet bien monté représente 50 000 à 200 000 € de subventions mobilisables sur un seul projet de rénovation.[23]

Figure 5, taux et plafonds publiés par les financeurs. Les règlements d'intervention prévalent ; voir le tableau 3 pour le détail de chaque dispositif.
La Région a réagi à l'été 2026 sur deux temps. Dans l'urgence : 3 M€ d'aides débloqués en juin, dont un fonds de 2 M€ ouvert aux communes, hôpitaux et associations, avec jusqu'à 10 000 € de remboursement sur facture pour des équipements de rafraîchissement acquis entre le 15 juin et le 15 septembre, et 1 M€ pour les 500 centres d'examens franciliens.[29]
Sur le fond : deux dispositifs créés au Conseil régional du 25 juin 2026 et ouverts au dépôt depuis le 1er juillet, le Contrat énergie (70 M€ sur 3 ans, jusqu'à 50 % et 1 M€ par contrat ; rénovation énergétique des bâtiments publics et équipements sportifs, climatisation et rafraîchissement, géothermie, réseaux de chaleur et de froid) et le Contrat vert et bleu. Le premier s'inscrit dans le Plan Énergie 2026-2028, doté de 850 M€ au total.[15]
À ne pas manquer : la Préfecture des Hauts-de-Seine, avec le Cerema et le rectorat, a lancé un appel à manifestation d'intérêt à destination des communes pour l'adaptation des écoles à la surchauffe urbaine, identification des vulnérabilités du bâti et des organisations, et définition d'une stratégie à court, moyen et long terme. Ouvert jusqu'au 14 septembre 2026.[10]
Le point aveugle : les deux dispositifs régionaux dédiés à la qualité de l'air, Contrat Vert et Bleu (axe QAI) et Budget participatif écologique, sont, selon la Région elle-même, largement sous-utilisés par les collectivités franciliennes alors qu'ils sont renouvelés chaque année. Le délégué spécial à la santé environnementale de la Région alerte sur un risque simple : un dispositif que personne ne mobilise n'est pas reconduit. Chaque collectivité qui ne dépose pas est une opportunité de financement perdue, et une fragilisation du dispositif pour toutes les autres.[26]
Nous ne vendons ni clim, ni travaux, ni végétalisation. Nous mesurons, qualité de l'air, énergie, confort, et nous transformons cette mesure en décisions. Sur le sujet de la chaleur, cela se traduit par quatre apports concrets :

Figure 6, usages successifs d'une même infrastructure de mesure. Économie de chauffage : maximum constaté sur un équipement de la ville de Lorient, donnée interne Pando2 (retour d'expérience). Réglementation QAI : décret n° 2022-1690.
Combien d'heures au-dessus de 28 °C, dans quelles pièces, à quelle heure, quel bâtiment décroche le premier ? Un classement de vulnérabilité de votre patrimoine, fondé sur des relevés et non sur des déclarations.
Des seuils par typologie de public et des alertes qui arrivent avant le pic, pas après. Le protocole canicule cesse d'être un document et devient une procédure déclenchée.
Quelles pièces relèvent d'un store extérieur, lesquelles d'un brasseur d'air, lesquelles justifient réellement une climatisation. La donnée évite de dépenser là où ce n'est pas nécessaire.
Un historique daté et exportable : l'état initial exigé par le Fonds vert, le suivi OPERAT du décret tertiaire, la vérification d'un contrat de performance énergétique, et la réponse chiffrée à un administré ou à un conseil municipal.
Un point de méthode qui change le calcul d'opportunité : les sondes posées pour le confort d'été ne servent pas qu'à l'été. Une fois installées, elles mesurent en continu la température, l'humidité et le CO₂ de chaque pièce, et les mêmes relevés répondent à trois besoins différents selon la saison, sans matériel supplémentaire.
L'été, arbitrer les travaux. Deux salles qui dépassent 28 °C n'appellent pas forcément la même réponse : l'une relève d'un store extérieur, l'autre d'un protocole d'ouverture. Croisées avec la météo, l'orientation, l'occupation et les caractéristiques du bâtiment, les mesures permettent de mieux comprendre les causes de surchauffe, et d'éviter d'installer une climatisation là où un store ou un changement d'horaires suffit.
L'hiver, réguler le chauffage. Couplées à un système de régulation, les données permettent d'adapter le chauffage à l'usage réel des pièces plutôt qu'à une consigne unique pour tout le bâtiment : un gymnase occupé par intermittence, une salle exposée au sud qui n'a pas besoin d'autant de chauffage que celle du nord. Sur les bâtiments scolaires de la ville de Lorient, nous avons constaté jusqu'à 35 % d'économie d'énergie grâce à un déploiement semblable (voir le retour d'expérience).[27]
Toute l'année, se mettre en conformité avec la réglementation QAI. Depuis le 1er janvier 2023, les établissements d'accueil collectif d'enfants de moins de six ans, d'accueil de loisirs et d'enseignement des premier et second degrés doivent faire évaluer annuellement leurs moyens d'aération et réaliser un autodiagnostic au moins tous les quatre ans. Le décret désigne explicitement la mesure à lecture directe de la concentration en CO₂ comme l'une des étapes de cette évaluation annuelle. Un suivi permanent connecté n'est pas obligatoire, mais une instrumentation permanente facilite le suivi du CO₂ et contribue à préparer l'évaluation annuelle : elle permet d'aller au-delà d'un contrôle ponctuel en suivant les conditions réelles d'usage dans le temps, en détectant les dérives et en facilitant le pilotage des actions correctives. Pour tout savoir sur la réglementation QAI, consultez notre page dédiée.[28]
Nous réalisons gratuitement, sur la base de vos données déjà disponibles (surfaces, années de construction, expositions, consommations OPERAT, incidents de l'été), une première hiérarchisation de vos bâtiments et l'identification des sites à instrumenter en priorité, ainsi que les dispositifs de financement mobilisables sur votre territoire.
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Une dernière remarque, qui n'est pas commerciale. Le Cerema écrit que l'inconfort d'été survient « parfois même dès le mois de mai selon certaines expositions ».[19] Nous passons par ailleurs 85 à 90 % de notre temps en intérieur.[8] La question posée à votre collectivité n'est donc plus « faut-il agir ? » mais « sur quelles données allez-vous décider ? ». La réponse conditionne à la fois l'efficacité des travaux, leur financement, et votre capacité à rendre des comptes à vos administrés à l'été prochain.
Toutes les données de ce dossier sont issues de sources publiques, consultées en août et septembre 2026. Les valeurs de bilan sanitaire et climatique de l'été 2026 sont provisoires à la date de publication.
Dossier réalisé par Pando2 (Wink SAS, Paris), septembre 2026. Pando2 est une plateforme de mesure et de supervision des bâtiments : qualité de l'air, énergie, confort. Reproduction autorisée avec mention de la source. Les erreurs et imprécisions éventuelles peuvent nous être signalées ; ce dossier sera mis à jour à la publication des bilans définitifs de Météo-France et de Santé publique France.